André Schwarz-Bart
André Schwarz-Bart
Paris, années 50. Marie travaille en France dans une maison de retraite. D'origine antillaise, elle s'est liée d'amitié avec Jeanne, une dame âgée dont elle s'occupe avec douceur et humanité et qui lui raconte sa vie. Avant de mourir, sa vieille amie l'incite à écrire sa propre histoire. Fidèle à sa promesse, Marie entreprend alors le récit de son existence. Et le roman s'ouvre sur le grand large. Née à l'aube du XXe siècle, la jeune Mariotte quitte la Martinique après l'éruption de la montagne Pelée qui a détruit la ville de Saint-Pierre, en 1902. Son errance la conduit d'abord en Guyane, où elle s'éprend, dans des conditions rocambolesques, d'un ancien bagnard reconverti dans l'orpaillage et sur le point de quitter le pays. Il entraînera Mariotte avec lui, à New York, puis en Colombie, jusqu'à Bogotá, où il l'abandonnera. Livrée à elle-même, la jeune femme puisera dans sa vitalité faite de colère, de courage et de joie de vivre pour dire adieu à Bogota, se tourner vers un autre homme, et un autre continent. Rappelant l'oeuvre et les personnages de García Márquez, ce personnage qui arpente le monde et le temps ressemble aussi à André Schwarz-Bart : mêlé au monde et toujours en décalage, présent et en même temps ailleurs, étranger. Simone Schwarz-Bart a publié, seule ou avec son mari André, des romans et du théâtre. Depuis la disparition d'André Schwarz-Bart, en 2006, elle a repris et achevé le cycle des romans antillais commencé à quatre mains avec Un plat de porc aux bananes vertes (Seuil, 1964) : L'Ancêtre en Solitude (Seuil, 2015) et aujourd'hui Adieu Bogota.
À la Guadeloupe, trois générations de femmes se succèdent depuis le milieu du XIXe siècle jusqu'aux premières années du XXe siècle. La première, Marie, a été achetée bébé par la veuve d'un planteur. Plus tard, un pauvre blanc la " met en case ". Il finira par l'épouser. Sa fille, Hortensia, est comme sa mère, une étrange petite fille, tentée par la révolte mais prisonnière de sa condition. L'esclavage a été aboli mais rien n'a vraiment changé. Puis vient Mariotte. Un homme qui est peut-être son père, lui raconte l'histoire de son aïeule, la mythique Femme Solitude. Elle entend aussi parler de négresses qui savent lire et écrire. Mais apprendre les " petites lettres " n'est-ce pas risquer de devenir folle ? Le réalisme du quotidien est enchanté par l'imagination des trois héroïnes hantées par les sortilèges. La vie est dure. Mais c'est la joie ou du moins l'élan à vivre et à rire qui l'emporte toujours. L'Ancêtre en Solitude s'inscrit dans la lignée des grands romans guadeloupéens écrits à quatre mains par Simone et André Schwarz-Bart : Un plat de porc aux bananes vertes (1967) et La Mulâtresse Solitude (1972). André Schwarz-Bart a obtenu en 1959 le prix Goncourt pour Le Dernier des Justes.
« De mère africaine - arrachée à son village par des trafiquants d'esclaves - et de père inconnu - quelque marin du bateau négrier voguant vers la Guadeloupe - elle n'est ni noire ni blanche, et même ses deux yeux sont de nuance différente. Enfant, on la surnommera « Deux-âmes ». Et finalement c'est sous le nom de « Solitude » qu'elle vivra à la Guadeloupe dans les familles de Blancs qui l'ont achetée, puis parmi les troupes de Noirs révoltés qu'elle rejoindra à grand-peine dans leurs refuges des forêts de la Soufrière. L'histoire se passe aux environs de 1760 à 1802. L'abolition de l'esclavage décrétée par la Convention n'aura duré que le temps d'un rêve. Et Solitude, près de l'Africain Maïmouni qu'elle a découvert dans la forêt et dont elle partage la vie, a senti en elle-même « battre un coeur de négresse ». C'est elle, enceinte et soutenue par ses compagnons, qui anime le dernier combat. Capturée, elle est pendue après avoir donné naissance à son enfant. » Source : Le livre de poche (Coup de coeur des Libraires, 2015). Tel fut le destin tragique d'une femme de légende, d'une combattante, dont l'existence réelle est parfois discutée mais qui a désormais sa statue en Guadeloupe, en mémoire de la lutte contre l'esclavage. Un récit poignant qui nous plonge au coeur d'une Histoire cruelle, dans laquelle André Schwarz-Bart voyait beaucoup de similitude avec la déportation des juifs.
1802, Guadeloupe. Solitude, fille d’une Africaine violée sur un bateau négrier, incarne la révolte face à l’esclavage rétabli par Napoléon. Ce roman poignant retrace son combat aux côtés des marrons pour la liberté, entre légende et histoire.
Vieille femme noire abandonnée dans un hospice parisien, Mariotte, se souvient de la Martinique, son île natale. Sur les murs sinistres de sa chambre, elle projette les couleurs du passé. Rouge et noir pour l'esclavage, les larmes et le sang. Vert et jaune pour ses amis disparus, les rires et la vie, pour la douceur amère et tendre d'un plat de porc aux bananes vertes. André Schwarz-Bart (1928-2006) entre dans la Résistance en 1943. En 1959, il obtient le prix Goncourt pour son roman Le Dernier des justes. Son épouse, Simone Schwarz-Bart, d'origine guadeloupéenne, est l'auteur de Pluie et vent sur Télumée Miracle, Grand Prix des lectrices de " Elle " 1973. Ensemble, ils ont écrit Un plat de porc aux bananes vertes. " On mord dans cette langue souple et brillante, et dont l'auteur semble humecter chaque phrase. " Le Nouvel Observateur