André Christian Ferault
André Christian Ferault
Au fil des siècles pour résoudre les crises alimentaires, les agriculteurs ont dû imaginer des innovations à mesure que les potentiels invasifs et concurrentiels des adventices, mauvaises herbes dans le discours traditionnel, ont été reconnus. Au siècle dernier, ces problèmes ont progressivement été résolus par la chimie. Les effets positifs recherchés, et surtout les conséquences des herbicides, sont analysés par un examen rigoureux des modes d'action et des usages. Aujourd'hui, leur utilisation doit être optimisée face aux nécessaires exigences sécuritaires et environnementales demandées à une agriculture qui doit inventer de nouveaux systèmes de production. Cela complexifie les gestions des plantes adventices. Avec le rappel de la dangerosité de leurs pathogènes pour les cultures, l'originalité de cette analyse est de faire le point sur la toxicité directe pour l'homme de certaines adventices ou des champignons qu'elles hébergent et dont les seuils de tolérance toxiniques dans les aliments sont régulièrement abaissés. La vision des enjeux propres à l'Europe et les raisons des choix successifs sont discutées par rapport à celles du reste du monde développé. Enfin, sont envisagées des hypothèses d'évolution intégrant une réduction des herbicides, voire leur disparition, pondérées cependant par la survenue d'évènements environnementaux désastreux ou géopolitiques imprévisibles.
L'Académie d'agriculture de France vient de fêter ses 260 ans sous un idéal toujours maintenu : « Une passion, connaître, une ambition, transmettre ». Elle réfléchit sur les progrès, explique les enjeux de tous ordres et éclaire la société et les décideurs. Avec ce volume portant sur la période allant de 1816 à 1870, on découvre les activités d'alors de la Société d'agriculture de Paris, aux relations assez satisfaisantes avec les pouvoirs successifs. Elle fait preuve d'une importante liberté d'entreprendre, traitant certes principalement d'agriculture, mais de plus en plus d'industries agricoles, de génie rural et elle commence à s'intéresser à l'alimentation humaine. Elle sait faire appel à des savants étrangers de premier rang. Au cours de ces années, ses productions écrites directes atteignent 55 000 pages et elle s'applique, via des revues agricoles, à vulgariser davantage ses résultats. En fin de période, elle est déjà en fait, si ce n'est en droit, une Académie.