Alexandre de Vitry
Alexandre de Vitry
La notion de fraternité est familière aux Français puisqu'elle figure dans la devise républicaine, au fronton de tous les édifices publics. Malgré tout, on ne sait pas grand-chose sur ses sources, ses développements, l'évolution de ses usages, à la différence de la liberté et de l'égalité, ses compagnes. C'est cette lacune que l'ouvrage se propose de combler en retraçant l'histoire de la métaphore fraternelle dans la culture française depuis la Révolution. Un parcours à la fois historique et littéraire, des socialistes utopiques à Romain Gary, en passant par Baudelaire (auquel il emprunte son titre), Hugo, Péguy et quelques autres. Il sera possible, grâce à cette somme, de plaider sur des bases solides, faisant une place aux ambiguïtés et aux contradictions, une cause qui est au coeur des sensibilités actuelles.
La notion de fraternité est familière aux Français puisqu'elle figure dans la devise républicaine, au fronton de tous les édifices publics. Malgré tout, on ne sait pas grand-chose sur ses sources, ses développements, l'évolution de ses usages, à la différence de la liberté et de l'égalité, ses compagnes. C'est cette lacune que l'ouvrage se propose de combler en retraçant l'histoire de la métaphore fraternelle dans la culture française depuis la Révolution. Un parcours à la fois historique et littéraire, des socialistes utopiques à Romain Gary, en passant par Baudelaire (auquel il emprunte son titre), Hugo, Péguy et quelques autres. Il sera possible, grâce à cette somme, de plaider sur des bases solides, faisant une place aux ambiguïtés et aux contradictions, une cause qui est au coeur des sensibilités actuelles.
Tel qu'on se le figure depuis au moins deux cents ans, l'écrivain est une espèce de super-individu : il vit à l'écart du troupeau, souverain en sa royale solitude, et jette, plume à la main, un regard plein de dédain sur le reste de l'humanité. À n'en pas douter, la littérature a été et demeure le lieu où se déploie le plus vivement une tension fondamentale propre à la démocratie, partagée entre l'affirmation de la singularité de chacun et la reconnaissance de l'égalité de toutes et tous. Au croisement des études littéraires et de la pensée politique, cette enquête interroge précisément l'individualisme littéraire tel un miroir grossissant ou un passage aux aveux des contradictions qui habitent notre modernité. Construite en zigzag, cette coupe révélatrice dans l'histoire des lettres nous conduit de Maurice Barrès et André Gide à Jean-Jacques Rousseau, de Charles Baudelaire, Stendhal et Simone de Beauvoir à Philippe Sollers ou Guillaume Dustan. À l'âge du développement personnel et des réseaux sociaux, tandis que chacun est invité à « se réaliser» pleinement, à parvenir à la «meilleure version de luimême», elle met en lumière les vertiges d'un individualisme exacerbé.
La droite française a bien changé. Depuis la Manif pour tous, la jeunesse conservatrice fait sa révolution : elle a l'individualisme et le libéralisme en horreur, affiche un catholicisme militant et n'est plus dégoûtée par le Rassemblement national, qui pour la première fois sait qu'il peut compter sur le soutien d'une part massive des jeunes de ce pays.Qu'est devenue la fringante droite littéraire qui sévissait il y a quinze ans ? Muray et Dantec sont morts, Houellebecq est maintenant consensuel, Nabe n'est plus audible... Le panthéon intellectuel de la jeunesse conservatrice d'aujourd'hui, bercée aux éditos de Zemmour et aux livres de Michéa, est d'un tout autre genre.Une droite « décomplexée » qui ne croit plus à la littérature est-elle toujours de droite ? Deux visions du monde s'opposent : l'une est idéologique, l'autre artistique. L'une joue sans fard le jeu de la politique, l'autre cherche à lui échapper. Reste à savoir laquelle des deux l'emportera. Alexandre de Vitry est né en 1985. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Lyon, il est l'auteur de deux essais : L'Invention de Philippe Muray (2011) et Conspirations d'un solitaire. L'individualisme civique de Charles Péguy (2015), ainsi que d'un récit : La Conquête de l'Alsace (2014).
« Je me souviens fort bien, ce fut Athanase Jauffray qui, le premier, parla de régions. ``Nous sommes engoncés dans nos vieux réflexes jacobins !'', s'exclama-t-il un soir, après quelques bières au kiwi sirotées au K-Barré, un bar associatif du XIIIe arrondissement, sur la Butte-aux-cailles, où nous nous retrouvions en sortant de l'université. ``Nous avons devant nous une situation inédite. Le choix radical ne peut plus être jacobin. Regardez bien : la politique, maintenant, ça ne peut plus se faire ici, du côté du gouvernement, de l'Assemblée... Ça, on s'en rend bien compte. Et de l'autre côté, les portes des usines nous sont fermées... Tant pis pour le syndicalisme à l'ancienne, alors ! Laissons tomber les usines, les partis. Les bouquins, même. S'il faut s'établir, c'est évident, c'est en région ! Tout est région, maintenant ; dans dix ans, il n'y aura plus que des régions. On n'a plus le choix : la gauche sera girondine ou ne sera pas.'' » Un jeune militant de gauche, défenseur de toutes les causes contemporaines, voit ses certitudes s'effondrer lorsque l'une de ses amies socialistes se suicide. C'est le soir des législatives, et la vague rose vient de balayer la France. Commence alors pour lui un périple burlesque qui le mènera de Lyon à Châlons, puis de Châlons à Metz, où il ne cessera de recroiser ses anciens condisciples - autant de fantômes de lui-même. Mais arrivera-t-il jusqu'en Alsace, la dernière région française de droite ?