Alexander Kluge
Alexander Kluge
'Dans ce livre, l'''inquiétance'' est présente sur divers champs et à différentes époques. L'aiguillon de l'inquiétude est le même aujourd'hui, lors d'un bombardement dans la région d'Alep, qu'en ce mois d'avril 1945 où ma soeur et moi-même avions dû trouver refuge dans un abri antiaérien. L'écart entre première et seconde nature - entre le surgissement d'une industrie porteuse de bombes (stratégie d'en haut) et l'idée de fuite, la quête d'une issue pour nous, les prisonniers du sous-sol (stratégie d'en bas), demeure un absolu. [...] Quand les vies sont déchirées par le cours de l'histoire, la poétique ne saurait les raccommoder, les recoller, ou les recoudre. En revanche, s'il s'agit de comprendre ce que le monde nous réserve, elle a la capacité de créer des relations. Elle compose des toiles, à l'instar d'Arachné, cette jeune tisseuse lydienne transformée en araignée, soeur éloignée d'Internet.' Alexander Kluge.
"Ce dont les hommes ont besoin au cours de leurs vies, c'est d'orientation. Comme il en faut aux bateaux. Telle est la fonction d'un si gros livre : que l'on compare, se sente repoussé ou attiré. Un livre est comme un miroir. [...] L'orientation subjective - savoir à quoi me fier, ce que je dois craindre, ce qui sous-tend les actes volontaires - donne ce courant de fond, que le temps qui court n'altère en rien et qui constitue la vraie chronique. Ces histoires nous parlent d'aujourd'hui et d'événements qui remontent à douze mille ans, autrement dit de la flotte russe qui, en 2015, barbote dans les eaux de la mer Noire au large de Sébastopol, et d'Ovide qui vint jadis sur ces rives continuer l'écriture de ses Métamorphoses. Et cependant l'être humain évolue si peu. Pour moi, la bibliothèque d'Alexandrie brûle encore de nos jours. C'est cela qui, à mon sens, vaut la peine d'être raconté." Alexander Kluge.
Appartenant à des générations distinctes, mais ayant tous deux une formation de juriste, Alexander Kluge et Ferdinand von Schirach devisent en toute amitié de l'état des choses, et convoquent l'héritage de grands esprits et d'artistes comme Kleist, Truman Capote ou le cinéaste Michael Haneke - sans hésiter à puiser également dans leurs expériences personnelles, et notamment l'enfance, pour interroger le sens de l'Histoire. Ces références, et l'empreinte qu'elles ont laissée dans la pensée de chacun, font de ces entretiens un témoignage singulier, où deux pensées se croisent, se questionnent et se nourrissent mutuellement. À la fois dialogue philosophique et réflexion politique, cette conversation peut également se lire comme une proposition de nouvelle définition de l'humanisme.
Appartenant à des générations distinctes, mais ayant tous deux une formation de juriste, Alexander Kluge et Ferdinand von Schirach devisent en toute amitié de l'état des choses, et convoquent l'héritage de grands esprits et d'artistes comme Kleist, Truman Capote ou le cinéaste Michael Haneke - sans hésiter à puiser également dans leurs expériences personnelles, et notamment l'enfance, pour interroger le sens de l'Histoire. Ces références, et l'empreinte qu'elles ont laissée dans la pensée de chacun, font de ces entretiens un témoignage singulier, où deux pensées se croisent, se questionnent et se nourrissent mutuellement. À la fois dialogue philosophique et réflexion politique, cette conversation peut également se lire comme une proposition de nouvelle définition de l'humanisme.