Alain Blanc
Alain Blanc
Cet ouvrage propose une perspective d'ensemble pour construire une sociologie du handicap. Son approche associe trois dimensions : la production sociale du handicap à travers les deux temps nécessaires à sa définition - un corps défaillant et un environnement inhospitalier ; la reconnaissance et la prise en charge des handicapés à travers les actions associatives, médico-administratives et publiques ; l'accueil des personnes handicapées au sein de la collectivité, l'altération des interactions et l'imaginaire de la séparation qui en découle. Cette 2e édition,augmentée d'une postface , prend en compte l'évolution des prises en charge.
Analyser, c'est-à-dire décrire et comprendre, les oeuvres de culture montrant les déficiences est l'occasion de percevoir les relations que les humains nouent avec ces atteintes et leurs porteurs. La représentation de la déficience favorise-t-elle la proximité avec les déficients ? Cet ouvrage montre que, quels que soient les supports utilisés (images fixes ou animées, images mentales), les oeuvres d'art, en amadouant le regard, donnent corps et vie à l'atteinte et à ses conséquences individuelles et sociales. Elles condensent des façons collectives de voir les personnes handicapées et constituent une manière d'officialiser les différences, sans les nier mais sans les exclure.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Une réflexion sur un temps long pour mesurer l'évolution. L'ouvrage rassemble des textes écrits entre 1995 et 2019 sur l'insertion professionnelle des personnes handicapées. Tous présentent une réflexion sur le handicap, le travail et l'action publique, avec des différences de formes : textes plus ou moins longs, recours à des données de natures différentes (quantitatives ou qualitatives), etc. Au final, cet assemblage s'inscrit dans une double démarche: aborder la question du travail des personnes handicapées selon trois niveaux interagissant (le droit, les acteurs, les employeurs) et mobiliser les concepts qui en découlent sous l'angle des sciences sociales.
Alain Blanc, par des aphorismes aiguisés, nous délivre un manifeste d'humour noir. À l'article de la mort, il se réjouissait de courtiser bientôt une veuve. Avec l'aspirine, le mystique connaît un cul-de-sac de plus. Se trouve-t-il genre littéraire moins fugitif - et plus excusable - que l'épitaphe ? Dans cette Chorégraphie de l'erreur, des têtes de mort battent la mesure.
Walter Benjamin, analyste avisé de l'évolution des sociétés contemporaines, est reconnu comme un penseur majeur des sciences sociales, en philosophie comme en sociologie. Dans cet ouvrage, Alain Blanc analyse le handicap à la lumière des concepts définis par Benjamin. Chacun des six chapitres du livre s'appuie sur un concept phare de l'oeuvre de Benjamin pour comprendre le handicap. Sont tour à tour mobilisés les concepts d'aura appliquée à la déficience, de fantasmagorie concernant la réparation des corps, de traduction des langues de la déficience. En fin d'ouvrage, après s'être penché sur les succès du film Intouchables et du livre Où on va, papa ? (Stock, 2008), deux oeuvres traitant du handicap, l'auteur aborde le handicap comme une image dialectique.
J'ai senti mes poumons comme écorchés en dedans par des ongles, comme si quelqu'un avait lancé de la poudre de chili rouge dans mes narines. J'ai inhalé de nouveau et c'était pareil. J'ai agrippé ma gorge et fermé les yeux qui me brûlaient et larmoyaient. Puis j'ai tenu le bord de mon sari contre mon nez dans l'espoir de dissiper quelque peu les épices dans l'air mais rien ne parvenait à assainir l'atmosphère... Si Prakash était venu me prendre à l'arrivée de mon train deux heures plus tôt, j'aurais été sauvée, hurlai-je intérieurement... On est à Bhopal, en Inde, le soir du 3 décembre 1984, quand l'usine de gaz d'Union Carbide explose, faisant des milliers de morts et de blessés. La jeune Anjali attendait ce jour-là son mari à la gare. Très indifférent à son égard, il a oublié de venir la chercher. Elle survivra, avec de lourdes séquelles, mais exige le divorce, ce qui est alors très choquant dans la bonne société indienne. Remariée à Sandeep, un homme bon qui l'aime et qu'elle aime, elle aura avec lui un petit garçon gravement handicapé physiquement, une conséquence de ce qu'elle a vécu à Bhopal. Un jour, Anjali revoit par hasard son premier mari - qui découvre alors les catastrophiques suites de son insouciance d'autrefois. Peut-on oublier, peut-on pardonner, peut-on réparer?