Alain Absire
Alain Absire
Parmi les « grands » Latino-Américains, Alejo Carpentier, mort à Paris en 1980, me paraît tenir une place particulière. D'abord par ses origines mêlées, par ce vrai métissage de celui qui est né à La Havane d'un père français et d'une mère d'origine russe. Cette ambivalence détermine toute son oeuvre. Nul mieux que lui n'exprime la déchirure de l'homme qui, appartenant à deux hémisphères, n'est plus de nulle part. Réussite sans équivalent d'écriture baroque, Le Royaume de ce monde ou Le Siècle des lumières exaltent l'espoir de l'homme aux prises avec l'Histoire. Plus j'ai avancé dans la relecture d'Alejo Carpentier, plus de son exil d'étudiant révolutionnaire à Paris, dans les années trente, à son engagement dans la révolution castriste, j'ai vu se confondre la vie de l'auteur avec son oeuvre. Prenant le parti des Indiens et des esclaves venus d'Afrique, ses romans et ses nouvelles nous mettent en face de nos conquêtes et de nos incertitudes. Hors de nos frontières romanesques habituelles, ils sentent le rhum et la poussière. Ils charrient l'odeur de l'or et du sang répandu.
La nouvelle s'avance au fil des ans, au premier plan de la littérature. Il s'agit moins d'une mode que d'une reprise de position. Fidèle à sa formule, l'édition 90 des Meilleures nouvelles de l'année a sélectionné dix-neuf textes courts publiés en revues, magazines et journaux francophones. « La nouvelle est par excellence le lieu où écrivain et lecteur collaborent pour aboutir par-delà les mots à une création commune, instantanée, intense, parfois fulgurante. » Voilà ce qu'écrit Alain Absire, romancier et nouvelliste, en avant-propos de cette anthologie.
Le thème du « temps et de l'immortalité » sert ici d'aiguillon, de source d'inspiration à neuf auteurs unis par leur amour du texte court. Il ne s'agit nullement d'un manifeste d'école ni de chapelle, mais plutôt de variations originales offertes au lecteur. En toute liberté, chaque écrivain a choisi la forme - réflexion ou nouvelle - qui convenait le mieux à son propos et à son humeur.
Printemps 1219 : François d'Assise, assoiffé de Dieu jusqu'au martyre, s'embarque pour les Croisades. Posant ses pas dans ceux du Christ, il part prêcher la pénitence sous les remparts de Damiette assiégée. Désireux d'apaiser les loups qui se disputent la Terre Sainte, il voit, dans Jérusalem, blessée mais resplendissante, l'aboutissement de sa quête évangélique. Au cours de ce périple, le saint, quittant son propre camp, part à la rencontre du puissant sultan d'Égypte, Malek al-Kamel. Tandis que, dans une folie de massacres et de sang, se succèdent sièges et batailles, ces deux figures hors du commun nouent un étrange dialogue. Sans autre arme que la foi profonde, deux visions du monde se cherchent, se bousculent, en viennent à se frôler... Fragiles moments de grâce où tout paraît possible, où le roi puissant et le saint dépenaillé, ignorant la rage des guerriers de Dieu, entrevoient soudain l'unique chemin de la paix. Cet étonnant récit, qui se fonde sur des faits historiques, attestés par de nombreux témoins, prolonge une quête toujours d'actualité : la rencontre, heurtée mais féconde, entre islam et chrétienté.
Cette nuit-là, Robespierre frappe à la porte de Marie, une céroplasticienne à laquelle il va ordonner de modeler dans la cire le visage d'un vieillard arraché aux cachots de la Bastille. C'est en vérité un mort-vivant qu'il confie à une artiste dont les pouvoirs lui sont inconnus. Comment imaginerait-il qu'une aussi jeune femme sache capter l'essence physique, morale et psychologique des êtres auxquels, par son toucher, elle donne un autre visage? Stupéfait de voir cette magicienne rendre la vie à qui semble l'avoir à jamais perdue, il revient dans l'étrange Cabinet de curiosités. S'en remettant lui-même aux mains de la modeleuse d'âme et de chair, du tréfonds de la Terreur dont il est le premier instrument, c'est le chemin de son propre destin qu'il entrevoit et sur lequel il s'engage sans retour possible, mais avec la folle espérance d'y percevoir ne fût-ce qu'une trouée de lumière. Ce roman s'inscrit dans le droit-fil des livres précédents d'Alain Absire, en particulier Lazare ou Le grand sommeil. Au fil de tableaux saisissants évoquant les toiles de Goya, il offre une lueur d'espoir aux âmes les plus déchirées, capables, par-delà l'effroi de la guillotine, d'éprouver la plénitude de l'amour humain.
Plongez dans l'univers envoûtant de Mon sommeil sera paisible, où Alain Absire mêle Révolution française, art et mystère.
Rome 2007, Sorrente 1878, Florence 1509, Assise 1209, Rome 128 après J.-C... Alain Absire nous livre un " Exquis " très singulier, résolument tourné vers la fiction, et fait revivre des personnages mythiques tels que Botticelli ou saint François d'Assise. Il nous fait partager sa passion pour les mets les plus délicats de la Péninsule, les miracles de l'huile d'olive, la finesse des lamelles de parmesan frais sur un lit de roquette, les arômes des vins dorés ou écarlates... Un régal !Une langue savoureuse et riche, un goût pour la chair érotique et palpitante... et les délices d'un menu complet à l'italienne : antipasti, pasta, carne, vino, dolci. Des hors-d'oeuvre au dessert, c'est la saga d'une famille italienne, les Castruccio, dont nous suivons ici les aventures... au fil des gourmandises les plus appétissantes.Qu'il mette en scène un concours international de pasta au xixe siècle, une scène de séduction entre un policier d'aujourd'hui et son ancienne maîtresse, la renaissance d'un grand peintre au terme de sa vie ou le vin qui sèche les larmes du deuil,Saga italienne est un hymne sensuel à la vie et une succulente traversée de l'Italie.