Abdelkader Djemaï
Abdelkader Djemaï
«?Un matin, comme si elle voulait lui présenter un membre de la famille qui lui était cher et que Mokhtar ne connaissait pas, Aïchouche le prit par la main et l'emmena au pied du figuier qu'elle aimait, lui dit-elle, pour sa bonté et sa générosité. Avec les yeux encore vierges et étonnés de la petite enfance, Mokhtar vit d'abord le tronc, tellement plus haut et plus vieux que lui. Il était aussi plus robuste que son grand-père et n'avait pas besoin de s'appuyer sur un bâton en bois d'olivier. Malgré son âge, ses cicatrices et les traces de sève qui ressemblaient à du sang blanc coagulé, il était solidement planté sur le sol en terre battue où cheminaient, au milieu des feuilles mortes et des brindilles d'herbes, des fourmis. En regardant les fourmis, Mokhtar imagina que les racines descendues du tronc se mettaient elles aussi à marcher, à courir sous la maison avant de se disperser et de se perdre dans le grand ventre de la terre qu'il croyait brûlant comme le four en boue séchée d'Aïchouche.?»
Oran, 17 juin 1965. Trois ans après l'Indépendance de l'Algérie, Pelé et la mythique Seleçào débarquent pour disputer un match amical contre l'équipe nationale, en présence du président Ahmed Ben Bella. C'est une ville traumatisée par la guerre mais ivre de liberté, que nous découvrons à travers les yeux du jeune Noureddine. Le temps d'un match, l'adolescent va passer par tout le spectre des émotions, jusqu'au dénouement final où Noureddine aura perdu un peu de son innocence. Né à Oran, Abdelkader Djemaï est l'auteur d'une vingtaine de livres dont Pain, Adour et fantaisie (Le Castor Astral), Une ville en temps de guerre (Le Seuil), ou encore Impressions d'Algérie (La Martinière). Il est entre autres lauréat des prix Tropiques, Amerigo-Vespucciet Stendhal des lycéens. « Une écriture remarquable et très sensible. » - Olivier Barrot, « Un livre, un jour », France 3 « Abdelkader Djemaï transcrit les divisions de l'Algérie contemporaine. » - Le Matricule des Anges « Un grand écrivain. » - La Plume francophone
Qu'il soit noir, rose ou rouge, gracieux ou laid, le cochon, dont la viande est la plus consommée sur la planète, est sans doute le seul animal de la Création à connaîre les feux de la critique, les braises de l'enfer et les cruautés de l'élevage industriel. Son histoire est riche, surprenante et inépuisable. Abdelkader Djémaï tente de la raconter dans ce récit coloré, plein d'anecdotes aussi savoureuses qu'instructives.
Il aimait l'anisette, l'argent, la renommée, peut-être Dieu et, hélas pour lui, un peu trop les femmes, ce qui lui vaudra les foudres de l'Eglise. Défroqué mais vêtu de son éternelle soutane noire, sourcier réputé, raciste et antisémite à l'occasion, l'abbé Gabriel Iréné Séraphin Lambert était un personnage pour le moins sulfureux. Sollicité dans les années 1930 pour prospecter de l'eau en Algérie, il a eu le temps d'enlever la femme de l'instituteur du village où était né Saint-Augustin, avant de poser ses valises et celles de sa maîtresse à Oran pour trouver de l'eau douce. Défrayant par son comportement exubérant la chronique locale, il devient maire de la ville entre 1934 et 1941, année où il est démis de ses fonctions par le maréchal Pétain qu'il admirait pourtant, au même titre que Franco et Hitler auxquels il consacra des ouvrages. L'abbé Lambert, l'homme à la robe noire, est mort religieusement dans son lit, à soixante-dix neuf ans, à Antibes. Il avait tout pour devenir un personnage de roman, presque vrai. Abdelkader Djemaï est né à Oran. Il est l'auteur notamment de Camping, Gare du Nord, Le nez sur la vitre, Un moment d'oubli, Zohra sur la terrasse, Une ville en temps de guerre, La dernière nuit de l'Emir, parus au Seuil.
Oran, 1961-1962. Meurtrie par le barbelé, la violence et la haine, la ville, qu'on surnommait " la Radieuse ", est le théâtre d'affrontements sanglants entre l'armée française, l'OAS et le FLN. Bouclages des quartiers, attentats, assassinats, enlèvements, plasticages et arrestations se succèdent à un rythme effrayant. Un jeune garçon, Lahouari Belguendouz, est le témoin de cette tragédie qui touche aussi sa famille et celles de ses camarades. À travers ses peurs et ses souvenirs, nous vivons la réalité d'un quotidien où la guerre ne dévore, heureusement, pas tout. Entre la vie et la mort, lui reviennent ainsi en mémoire les rues, les jeux et les cinémas de l'enfance, les lieux familiers, des images anciennes et le visage des personnes aimées. Abdelkader Djemaï est né à Oran. Il est notamment l'auteur de Camping, Gare du Nord, Le Nez sur la vitre, Un moment d'oubli, Zorah sur la terrasse et de La dernière nuit de l'Émir parus au Seuil.
Le 24 décembre 1847, l'émir Abd el-Kader (1808-1883) attend, dans le froid et la pluie, d'embarquer sur Le Solon qui a mouillé dans le petit port de Djemâa-Ghazaouët proche de la frontière marocaine. La veille, après une résistance de quinze années contre le corps expéditionnaire français, il avait signé sa reddition sous la promesse d'être conduit, avec quatre vingt seize de ses proches et compagnons, à Alexandrie ou à Saint-Jean-d'Acre. A travers la vie de l'émir, chef de guerre mais aussi chef d'état, poète, maître soufi et grand voyageur, Abdelkader Djemaï fait revivre une des épopées les plus marquantes du XIXe siècle. Les paysages d'Algérie qui ont vu naître et combattre l'émir, Tagdempt la capitale qu'il batît entre le Tell et le Sahara, l'impressionnante Smala, ville itinérante de vingt mille habitants, puis l'exil en France, en Turquie et en Syrie servent de toile de fond au destin d'un personnage exceptionnel, homme de progrès, de dialogue et de tolérance. Abdelkader Djemaï est notamment l'auteur de Camping, de Gare du Nord, du Nez sur la vitre, d'Un Moment d'oubli et de Zohra sur la terrasse, romans et récits parus au Seuil.