Publication Date
13 January 2015
Publisher
Sabine Fournier
Technical Characteristics
Language
Français
Pages
211 Pages
File Size
12.4 MB
ISBN 13
9782362372018
Format
Epub
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Scènes lubriques
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Découvrez les audaces et les secrets inavouables de la famille B., où chaque femme assume ses désirs sans tabou. Entre humour mordant et scènes torrides, Scènes lubriques explore les limites de la morale et du plaisir.
Extrait
Sarah cherchait sa mère des yeux, dans la foule qui se pressait devant le conservatoire d'art dramatique. De nombreuses mères de famille, le regard anxieux, attendaient les résultats du concours de fin d'année. Toutes arboraient des mines préoccupées, comme si c'était de leur propre avenir qu'il s'agissait. Sarah pensa que les bonnes femmes en question avaient reporté sur leurs enfants les espoirs déçus de leur vie mesquine de mal baisées.
La mère de Sarah aussi avait tiré un trait sur sa carrière personnelle. Elle comptait à présent sur sa fille pour la venger des humiliations que la vie lui avait infligées. Sauf qu'elle - il suffisait de la regarder - était tout sauf une mal baisée !
Les garçons et les filles sortaient du prestigieux bâtiment en échangeant des plaisanteries, en se bousculant avec des rires qui sonnaient faux.
- Sarah !
La jeune fille aperçut sa mère, lui adressa un signe de la main. Mme B. était une très belle femme, dans sa pleine maturité, capable encore de porter une minijupe sans craindre le ridicule. Son opulente poitrine sans soutien-gorge intéressait les gardes républicains qui attendaient la sortie du ministre de la Culture.
À part ses immenses yeux noirs frangés de cils recourbés, Sarah n'avait pas hérité des avantages de sa mère. Elle cachait sa maigreur, son absence de seins et de fesses sous une robe longue, triste comme son visage, trop allongé lui aussi.
Sarah voulut embrasser sa mère ; celle-ci la repoussa.
- Inutile de me dire qu'une fois de plus c'est un désastre. Rien qu'à voir ta mine...
- Un second prix de comédie et un accessit de tragédie, chuchota Sarah.
Mme B. pinça les lèvres.
- Bravo ! Mes sacrifices sont récompensés ! Ça fait plaisir ! Tes soeurs, heureusement, sont plus douées que toi !
Dans le taxi qui les ramenait dans leur petit pavillon de la banlieue parisienne, Sarah et sa mère gardaient un silence pénible, les yeux dirigés vers la pointe de leurs chaussures.
Mme B. lança :
- Tu sais que tu vas être punie ?
Sarah approuva de la tête. La mère renchérit :
- Tu le mérites, non ?
Sarah bredouilla qu'elle était meilleure. Elle aurait dû avoir un premier prix. Mme B. haussa les épaules, lui demanda comment elle expliquait la catastrophe.
- C'est que, dit Sarah, les autres filles couchent.
La réponse tomba, cinglante :
- Et alors ? Tu n'as qu'à coucher ! Qui t'en empêche ?
- J'ai pas envie.
Mme B., exaspérée, leva les yeux au ciel, avant de lâcher tout ce qu'elle avait sur le coeur...
Est-ce que ça comptait, l'envie ? D'abord, l'envie venait en consommant. Elle, à quatorze ans déjà, se faisait mettre par tous les trous. Pourtant, elle n'en avait pas toujours envie ! Même si, il faut l'avouer, elle aimait ça... Plus tard, quand Sarah était arrivée, il avait bien fallu la nourrir, et puis ses soeurs ensuite...
S'il suffisait de se faire fourrer quinze centimètres de bite dans le cul pour obtenir le prix, ça valait le sacrifice ! conclut Mme B. écarlate de colère.
- Tu n'es pas assez vicieuse dans la vie, voilà ce que tu as. Prends exemple sur moi ! Je suis la plus salope de toutes les femmes que j'ai connues... et j'en suis fière !
Sarah se rapprocha de sa mère, se fit câline, espérant mettre un terme à la litanie des reproches.
- Ma petite maman...
Elle glissa une main dans l'échancrure du corsage, sortit un sein lourd, ferme, avec une aréole très large dont la pointe durcissait.
Sarah avait toujours été amoureuse des seins de sa mère. Amoureuse et jalouse. Elle qui chaque matin, et plusieurs fois par jour, examinait dans la glace les oeufs sur le plat qui déparaient sa poitrine de garçonnet ! Est-ce qu'un jour la chrysalide allait enfin se transformer ? Elle venait d'avoir dix-sept ans, toutes les copines de son âge étaient déjà formées.
Sarah se pencha pour saisir entre ses lèvres la pointe qui s'allongeait au centre de l'aréole que l'excitation fripait. Elle la titillait du bout de la langue, tout en pétrissant le globe de sa main légère comme un envol d'oiseau.
- N'essaye pas de m'attendrir, grogna sa mère. De toute façon, tu seras punie.
Mais Mme B., comme d'habitude, sous la caresse, se sentait envahie par une douce chaleur. Son ventre se liquéfiait. Elle fermait les yeux. Son souffle s'accélérait. Ses cuisses s'entrouvraient.
La bouche de Sarah passait de l'un à l'autre sein. Sa main remontait le long de la jambe maternelle - du pied, petit, sensuel, en passant par le mollet bien rond, à la cuisse ferme, tiède à l'intérieur. Des jambes de star, couleur de miel, qui affolaient les hommes dans la rue. La jeune fille aimait les caresser en prenant son temps.
Une fois de plus, Sarah eut la preuve que sa mère ne portait jamais de culotte. Du bout des doigts, elle effleurait le mont bombé, soigneusement épilé.
- Fais-moi la voir, souffla Sarah à l'oreille de sa mère. Fais-moi voir ta « mounine ».
- Tu ne crois pas que tu exagères ? À ton âge ! Tu es trop vicieuse avec moi... et pas assez avec les autres ! Voilà ce qui ne va pas chez toi, ma fille !
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Sarah cherchait sa mère des yeux, dans la foule qui se pressait devant le conservatoire d'art dramatique. De nombreuses mères de famille, le regard anxieux, attendaient les résultats du concours de fin d'année. Toutes arboraient des mines préoccupées, comme si c'était de leur propre avenir qu'il s'agissait. Sarah pensa que les bonnes femmes en question avaient reporté sur leurs enfants les espoirs déçus de leur vie mesquine de mal baisées.
La mère de Sarah aussi avait tiré un trait sur sa carrière personnelle. Elle comptait à présent sur sa fille pour la venger des humiliations que la vie lui avait infligées. Sauf qu'elle - il suffisait de la regarder - était tout sauf une mal baisée !
Les garçons et les filles sortaient du prestigieux bâtiment en échangeant des plaisanteries, en se bousculant avec des rires qui sonnaient faux.
- Sarah !
La jeune fille aperçut sa mère, lui adressa un signe de la main. Mme B. était une très belle femme, dans sa pleine maturité, capable encore de porter une minijupe sans craindre le ridicule. Son opulente poitrine sans soutien-gorge intéressait les gardes républicains qui attendaient la sortie du ministre de la Culture.
À part ses immenses yeux noirs frangés de cils recourbés, Sarah n'avait pas hérité des avantages de sa mère. Elle cachait sa maigreur, son absence de seins et de fesses sous une robe longue, triste comme son visage, trop allongé lui aussi.
Sarah voulut embrasser sa mère ; celle-ci la repoussa.
- Inutile de me dire qu'une fois de plus c'est un désastre. Rien qu'à voir ta mine...
- Un second prix de comédie et un accessit de tragédie, chuchota Sarah.
Mme B. pinça les lèvres.
- Bravo ! Mes sacrifices sont récompensés ! Ça fait plaisir ! Tes soeurs, heureusement, sont plus douées que toi !
Dans le taxi qui les ramenait dans leur petit pavillon de la banlieue parisienne, Sarah et sa mère gardaient un silence pénible, les yeux dirigés vers la pointe de leurs chaussures.
Mme B. lança :
- Tu sais que tu vas être punie ?
Sarah approuva de la tête. La mère renchérit :
- Tu le mérites, non ?
Sarah bredouilla qu'elle était meilleure. Elle aurait dû avoir un premier prix. Mme B. haussa les épaules, lui demanda comment elle expliquait la catastrophe.
- C'est que, dit Sarah, les autres filles couchent.
La réponse tomba, cinglante :
- Et alors ? Tu n'as qu'à coucher ! Qui t'en empêche ?
- J'ai pas envie.
Mme B., exaspérée, leva les yeux au ciel, avant de lâcher tout ce qu'elle avait sur le coeur...
Est-ce que ça comptait, l'envie ? D'abord, l'envie venait en consommant. Elle, à quatorze ans déjà, se faisait mettre par tous les trous. Pourtant, elle n'en avait pas toujours envie ! Même si, il faut l'avouer, elle aimait ça... Plus tard, quand Sarah était arrivée, il avait bien fallu la nourrir, et puis ses soeurs ensuite...
S'il suffisait de se faire fourrer quinze centimètres de bite dans le cul pour obtenir le prix, ça valait le sacrifice ! conclut Mme B. écarlate de colère.
- Tu n'es pas assez vicieuse dans la vie, voilà ce que tu as. Prends exemple sur moi ! Je suis la plus salope de toutes les femmes que j'ai connues... et j'en suis fière !
Sarah se rapprocha de sa mère, se fit câline, espérant mettre un terme à la litanie des reproches.
- Ma petite maman...
Elle glissa une main dans l'échancrure du corsage, sortit un sein lourd, ferme, avec une aréole très large dont la pointe durcissait.
Sarah avait toujours été amoureuse des seins de sa mère. Amoureuse et jalouse. Elle qui chaque matin, et plusieurs fois par jour, examinait dans la glace les oeufs sur le plat qui déparaient sa poitrine de garçonnet ! Est-ce qu'un jour la chrysalide allait enfin se transformer ? Elle venait d'avoir dix-sept ans, toutes les copines de son âge étaient déjà formées.
Sarah se pencha pour saisir entre ses lèvres la pointe qui s'allongeait au centre de l'aréole que l'excitation fripait. Elle la titillait du bout de la langue, tout en pétrissant le globe de sa main légère comme un envol d'oiseau.
- N'essaye pas de m'attendrir, grogna sa mère. De toute façon, tu seras punie.
Mais Mme B., comme d'habitude, sous la caresse, se sentait envahie par une douce chaleur. Son ventre se liquéfiait. Elle fermait les yeux. Son souffle s'accélérait. Ses cuisses s'entrouvraient.
La bouche de Sarah passait de l'un à l'autre sein. Sa main remontait le long de la jambe maternelle - du pied, petit, sensuel, en passant par le mollet bien rond, à la cuisse ferme, tiède à l'intérieur. Des jambes de star, couleur de miel, qui affolaient les hommes dans la rue. La jeune fille aimait les caresser en prenant son temps.
Une fois de plus, Sarah eut la preuve que sa mère ne portait jamais de culotte. Du bout des doigts, elle effleurait le mont bombé, soigneusement épilé.
- Fais-moi la voir, souffla Sarah à l'oreille de sa mère. Fais-moi voir ta « mounine ».
- Tu ne crois pas que tu exagères ? À ton âge ! Tu es trop vicieuse avec moi... et pas assez avec les autres ! Voilà ce qui ne va pas chez toi, ma fille !
Pierre Fournier
Né en 1937, **Pierre Fournier** est une figure marquante de la contre-culture française. Dessinateur et chroniqueur pour *Hara-Kiri* et *Charlie Hebdo*, il s'est imposé comme l'un des pères fondateurs de l'écologie politique en France dès les années 1960. Son engagement contre le nucléaire et sa critique acerbe de la société industrielle ont nourri une œuvre littéraire aussi variée que subversive. *Scènes lubriques*, publié en 2015, témoigne de son talent pour mêler provocation, humour et réflexion sociale.
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Code produit : 9782362372018
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Scènes lubriques se distingue par son approche décomplexée et provocante de la sexualité féminine. Pierre Fournier y mêle humour noir, dialogues cinglants et scènes érotiques audacieuses, offrant une satire sociale aussi drôle que dérangeante. Ce roman casse les codes traditionnels de l'érotisme et invite à réfléchir sur les attentes familiales, la performance et le désir.
Le livre aborde des thèmes variés : l'émancipation sexuelle, les rapports mère-fille, la pression sociale liée à la réussite, et la quête d'identité. À travers l'histoire de Sarah et de sa famille, l'auteur interroge aussi la morale, l'hypocrisie bourgeoise et la liberté de choix face aux conventions.
Ce roman s'adresse aux lecteurs et lectrices en quête d'une lecture érotique, mais aussi d'une réflexion sur les normes sociales. Il plaira à ceux qui aiment les récits provocateurs, les personnages complexes et les dialogues percutants. Attention : certaines scènes et certains propos peuvent heurter les sensibilités les plus conservatrices.
Avec la fonctionnalité de chat, vous pourrez interroger le livre sur les motivations des personnages, les choix narratifs de l'auteur, ou encore les enjeux sociaux soulevés. Par exemple : « Pourquoi la mère de Sarah adopte-t-elle une attitude aussi radicale ? », « Comment l'auteur utilise-t-il l'humour pour critiquer la société ? », ou « Quels sont les tabous brisés dans ce roman ? ».
person_edit À propos de l'auteur
Né en 1937, Pierre Fournier est une figure marquante de la contre-culture française. Dessinateur et chroniqueur pour Hara-Kiri et Charlie Hebdo, il s'est imposé comme l'un des pères fondateurs de l'écologie politique en France dès les années 1960. Son engagement contre le nucléaire et sa critique acerbe de la société industrielle ont nourri une œuvre littéraire aussi variée que subversive. Scènes lubriques, publié en 2015, témoigne de son talent pour mêler provocation, humour et réflexion sociale.
tag Keywords
scènes lubriques
pierre fournier
littérature érotique
roman érotique
famille dysfonctionnelle
émancipation féminine
sexualité décomplexée
satire sociale
humour noir
mère-fille
désir
morale bourgeoise
théâtre
concours dramatique
femmes libérées
scènes torrides
littérature provocante
éditions sabine fournier
livre audacieux
2015
ebook érotique
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sarah
florence
denise
mme b.
conservatoire
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