Baron d'holbach
Baron d'holbach
Découvrez ce pamphlet philosophique intemporel : Essai sur l’art de ramper, à l’usage des Courtisans dépeint avec une ironie mordante les travers des courtisans, hier comme aujourd’hui. Un texte court, percutant et d’une actualité surprenante !
"Quel art, quel empire sur soi-même ne suppose pas cette dissimulation profonde qui forme le premier caractère du vrai courtisan ! Il faut que sans cesse sous les dehors de l'amitié il sache endormir ses rivaux, montrer un visage ouvert, affectueux, à ceux qu'il déteste le plus, embrasser avec tendresse l'ennemi qu'il voudrait étouffer ; il faut enfin que les mensonges les plus impudents ne produisent aucune altération sur son visage."Le propre de l'ironie est le double discours. Sous la forme elle-même ambiguë de l'essai, d'Holbach fait ici l'apologie de l'art singulier de ramper, nécessaire au maintien du courtisan dans la Cour du Roi. Art du maintien, de la bonne façade et du savoir-vivre hypocrite, ramper est une manoeuvre subtile, fondée sur l'abnégation. D'Holbach moque l'intelligence des conventions sociales, tissées d'hypocrisie et d'arrivisme. Car c'est n'avoir que peu d'orgueil et de passion que de devoir revêtir le costume de l'hypocrite pour, au fond, conforter le pouvoir des puissants. La position de l'auteur à l'égard de ces courtisans n'a d'égale que celle des courtisans face à leurs pairs et à leur maître. En décrivant les masques dont doit se revêtir le courtisan, d'Holbach met bas les mécanismes mêmes de la dissimulation et de la pantomime.
Truculent et comique, ce pamphlet donne les clés du succès à tous les flagorneurs et courtisans à l'échine souple. Car le geste de l'hypocrite et du flatteur est bel et bien un art à part entière... Retrouvées dans la correspondance de l'auteur, parues à titre posthume en 1790, ces quelques pages d'une modernité surprenante nous rappellent que, des courtisans d'hier à ceux d'aujourd'hui, il n'y a qu'une courbette. Dans les textes qui suivent, La Bruyère, Saint-Simon, La Fontaine, le cardinal de Retz, Chamfort et Machiavel nous invitent à leur tour à découvrir les coulisses du pouvoir. Portraits, anecdotes, chroniques et aphorismes font défiler les puissants et ceux qui les courtisent.
« Penser avec liberté, c'est n'avoir point les opinions du grand nombre ; c'est être dégagé des préjugés que la tyrannie croit nécessaires à son soutien. » Le texte présenté dans cette édition numérique est une charge contre les opinions dogmatiques non fondées sur l'expérience et la raison, préjugés qui selon l'auteur privent les hommes de liberté et les conduisent inévitablement au malheur. Car pour être heureux, il faut être capable de raisonner par soi-même sans être soumis aux différents points de vue que certains pourraient avoir un vif intérêt à vous voir adopter. En un sens, la libre circulation des idées et la confrontation des savoirs apparaissent ici comme une source de progrès, à l'inverse des opinions religieuses et politiques qui, détournés de l'intérêt général, ne peuvent engendrer que barbarie et tyrannie. Il convient ainsi, plus que jamais, de rester vigilant, puisque « l'homme est grand dans toutes les choses qu'il s'est permis d'examiner, (et) n'est resté petit que dans celles qu'il n'a point osé voir de ses propres yeux." Le texte est suivi de la Lettre de M. Denis Diderot sur l'examen de l'Essai sur les préjugés dans laquelle il prend la défense du Baron d'Holbach.