Marguerite Altet
Marguerite Altet
À un moment où l'on parle d'unification de la profession enseignante, la question d'une formation pédagogique systématique pour tous les enseignants est plus que jamais à l'ordre du jour. Tout métier s'apprend mais comment, pour celui d'enseignant, éviter de développer la pratique en prenant en mains une vraie classe ? Le micro-enseignement (M-E), stratégie rationnelle et active de formation, permet cette pratique sans risques. Née en 1963 aux États-Unis, cette méthode s'est répandue partout dans le monde et a considérablement évolué depuis sa parution. Dans les pays anglo-saxons la littérature sur le M-E abonde ; pas en France où le M-E, d'inspiration behavioriste, reçut un accueil d'abord mitigé puis se développa selon certains modes que ce livre résumera. Cet ouvrage se veut, avant tout, le compte-rendu d'une pratique quotidienne de la méthode et des conclusions qui ont été tirées de cette expérience par deux collègues formateurs d'enseignants du second degré. Pour ces praticiens, les apports du M-E à la formation traditionnelle sont indéniables au niveau de l'apprentissage de la pratique - aptitudes, modification de comportements, d'attitudes des formés - et de l'analyse et de l'auto-évaluation de leurs prestations. Les auteurs présentent donc la méthode, ses fondements théoriques, sa place en formation initiale et en recyclage et recensent d'autres possibilités d'utilisation du M-E. L'objectif de ce livre, c'est de montrer que le M-E permet d'apprendre à enseigner tout en développant le style pédagogique personnel de chaque enseignant.
Cet ouvrage interroge le paradigme de la réflexivité prôné dans la plupart des systèmes contemporains de formation des enseignants au niveau de sa mise en oeuvre qui rencontre des résistances chez les étudiants, voire des formateurs. Ces dernières décennies, les formations d'enseignants ont partout mis en avant la nécessité d'une formation par la réflexivité pour former un enseignant professionnel à une pratique réfléchie. Depuis « le praticien réflexif » défini par D. Schn (1983) à partir de Dewey, la pratique réflexive a fait l'objet de nombreux travaux de recherche qui tous en montrent l'intérêt au niveau de la construction des savoirs professionnels par l'action et la réflexion dans et sur l'action, de la prise de conscience de l'action et du développement professionnel. L'essence de cette pratique réflexive est cette posture de mise à distance et d'analyse de sa propre action. Mais cette prise de recul et de conscience ne va pas de soi et force est de constater que beaucoup d'étudiants, qui cherchent avant tout à faire face aux difficultés et urgences qu'ils rencontrent lors du « choc de la réalité », se sentent déstabilisés par cette approche réflexive et y résistent. Appartient-il vraiment à la formation initiale de développer cette posture ? Les chercheurs, auteurs de l'ouvrage vont d'abord analyser derrière les injonctions, les différentes conceptions de cette réflexivité qui n'est pas donnée d'emblée et, partageant cet intérêt pour une formation professionnalisante réflexive, vont prendre au sérieux les résistances observées, en rechercher les raisons ; ils vont identifier les obstacles en examinant finement plusieurs hypothèses : des représentations stéréotypées du métier et de la formation, des représentations issues de l'expérience scolaire, les styles des étudiants, plus pragmatiques, le scepticisme affiché de formateurs. Les auteurs vont approfondir les exigences des dispositifs favorisant la réflexivité et montrer comment il est possible de travailler le sens de la réflexivité comme disposition intériorisée pour la faire accepter et faciliter ainsi ce recul qui permet de s'adapter à toute situation et surtout d'apprendre à partir de l'expérience. Ils vont également proposer des pistes et des dispositifs dans lesquels les étudiants parviennent à investir la démarche réflexive.
Voici une production collective de chercheurs du réseau OPEN, dont les travaux sont basés sur l'observation des pratiques enseignantes. Il offre l'intérêt de décrire des pratiques effectives dans leur dynamique, en rapport avec les apprentissages des élèves.