Quiconque veut approcher l'Expressionnisme est d'abord tenté de le comparer au Fauvisme : la parenté entre les oeuvres de E.L. Kirchner ou de Pechstein avec celles de Matisse ou de Vlaminck, auxquelles elles succèdent de très peu dans le temps, impose en effet le rapprochement. Mais l'Expressionnisme est davantage qu'une variante du Fauvisme. Car si ce dernier a violemment ébranlé la peinture européenne, il n'a pas mis en question ses fondements. Il cherche une nouvelle relation à la couleur et à l'espace, mais n'entend pas briser l'univers des formes, ni surtout supprimer les frontières entre les disciplines artistiques. l'Expressionnisme au contraire ne tarde pas à se sentir à l'étroit dans les limites de la seule peinture et cherche, par les apports de la poésie, de la musique et du théâtre, à renouer avec l'ambition d'une « oeuvre d