Mémoires d’un homme singulier est une biographie d’une grande tristesse, que l’éditeur présente comme « le plus autobiographique des romans d’Emmanuel Bove ». L’écriture est tout à fait lucide et belle, avec des phrases concises. Le personnage principal, un homme passif et lunatique, semble prophétique de l’homme du XXIe siècle, hésitant et esseulé.
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Mémoires d'un homme singulier
À quarante ans, un homme se confronte à sa vie : ses échecs, ses doutes, et l’attente d’un événement qui tout changera.
« J'ai quarante et un ans. Que vais-je faire ? L'impossibilité de répondre à cette question ne m'abat pas. Je sens qu'un événement va se produire », écrit-il à l'extrême fin de ce livre d'une vie, relation pathétique de ce qui aurait pu être.
En 1924, parrainé par Colette, Rilke et Max Jacob, Emmanuel Bove (1898-1945) connaît le succès avec Mes amis. Mobilisé comme travailleur en 1940, il refuse toute publication durant l'Occupation. En 1942, il parvient à rejoindre Alger, où il écrit ses trois derniers romans : Le Piège, Départ dans la nuit et Non-lieu. Ses plus grands succès sont Mes amis (Ferenczi, 1924 ; L'Arbre vengeur, 2015), Le Beau-fils (Grasset, 1934 ; Le Castor Astral, 2016) ou encore Le Pressentiment (Gallimard, 1935 ; Le Castor Astral, 2006)
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person_edit À propos de l'auteur
Né à Paris en 1898 d’un père russe et d’une mère luxembourgeoise, Emmanuel Bove est l’un des écrivains français les plus singuliers du XXe siècle. Révélé par Colette avec son premier roman Mes amis (1924), il connaît un succès critique avant de sombrer dans l’oubli, puis d’être redécouvert dans les années 1980. Son œuvre, marquée par des personnages en marge et une écriture dépouillée, explore les thèmes de la solitude, de l’échec et de la quête d’identité. Il meurt en 1945, laissant une trentaine de romans et nouvelles, aujourd’hui considérés comme des classiques de la littérature moderne.
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Aucune compassion, aucun psychologisme chez Bove, mais la description, dans une écriture limpide, de l’anéantissement progressif de l’être, mais un malaise grandissant qui ne peut se résoudre que dans la folie ou la mort.
Achevé en 1939 et marqué par la perspective de la guerre, ce roman à caractère biographique, voire autobiographique, est « le plus proche [d’Emmanuel Bove] et c’est là ce qui lui donne un accent poignant ». La banalité et la médiocrité, la pauvreté, le malheur tranquille sont omniprésents, mais Bove surpasse cette monotonie en l’érigeant en style d’écriture innovant.
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