Avec Le dernier jour d’un condamné, Victor Hugo tente quelque chose de tout à fait extraordinaire qui est une étape vers la modernité la plus extrême : il prend un personnage, lui fait écrire à la première personne du singulier sans que l’on sache son nom, ce qu’il a fait pour en être arrivé là, et il va nous amener jusqu’à l’instant où on va l’emmener à l’échafaud.
Le Dernier Jour d'un condamné
Un homme écrit ses dernières heures avant l’échafaud. Sans nom, sans crime révélé, son récit brut et poignant plonge le lecteur dans l’angoisse d’une condamnation à mort.
Un chien le long du fleuve en aboyant errait :
Et, quand la bachelette en larmes
Revint s'asseoir, le coeur rempli d'alarmes,
Sur la tant vieille tour de l'antique châtel,
Elle entendit les flots gémir, la triste Isaure :
Mais plus n'entendit la mandore
Du gentil ménestrel1 Bravo !
shield_question Frequently Asked Questions
person_edit À propos de l'auteur
Victor Hugo (1802–1885) est l’un des géants de la littérature française, poète, dramaturge et romancier, mais aussi une figure majeure de l’engagement politique et social. Publié en 1829, Le Dernier Jour d’un condamné marque son entrée en littérature engagée, avec un plaidoyer vibrant contre la peine de mort qui le suivra toute sa vie. Son œuvre, immense et variée, inclut des chefs-d’œuvre comme Les Misérables, Notre-Dame de Paris, et Les Contemplations, tout en défendant sans relâche les droits de l’homme et la justice sociale.
newsmode Revue de presse
Jusqu'aux dernières lignes du livre, le génie de Victor Hugo nous fait participer à une attente effarée : celle du bruit grinçant que fera le couperet se précipitant dans les rails de la guillotine. Ce texte d’une force inouïe montre, fait sentir l’horreur et oblige le lecteur à s’interroger sur l’inhumanité de la peine de mort.
Ce condamné à mort est seul, dans sa cellule, et nous sommes enfermés avec lui, dans sa tête… Le roman est publié sans nom d’auteur en 1829. Trois ans plus tard, Hugo rédige une préface retentissante qui marque le début de la lutte politique : « La société est entre deux. Le châtiment est au-dessus d’elle, la vengeance au-dessous. (…) Elle ne doit pas punir pour se venger ; elle doit corriger pour améliorer. »