Contes de Fez
Fez, début du XXe siècle : cinq contes marocains traditionnels, recueillis par deux passionnés d’Orient, révèlent la magie et les mœurs de la cité impériale.
Cinq contes traditionnels recueillis à Fez, au début du XX°siècle.
Plongez sans plus attendre dans ces cinq contes marocains et partez à la découverte de la cité de Fez.
EXTRAIT DE LALLA KHALLAL EL KHADRA
Il y avait un ménage très riche n'ayant pour enfant qu'une seule fille. La mère vint à mourir et la fille fut placée comme mt`alma *, en apprentissage chez une voisine qui lui apprenait la broderie. Cette voisine était méchante et brutale, et elle n'épargnait pas les coups à la petite Lalla Khallal el Khadra *. Comme elle désirait, par avarice, épouser le veuf, elle engageait l'enfant à pousser son père à ce mariage, promettant de ne plus la battre. Mais, parvenue à ses fins, elle fut loin de tenir ses promesses.
Cette marâtre avait une fille d'un premier mariage, très mal élevée, grossière et qui faisait des saletés au lit ; tandis que Lalla Khallal était intelligente et douce, et aussi propre que jolie. Louange à Celui qui la créa et la modela si belle ! Dans l'intention de détacher le père de sa fille, la méchante femme rejeta sur elle les incongruités de sa propre fille.
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
Ecrits dans une langue simple, émaillée de mots d'origine arabe qui en rehaussent la saveur, ces cinq contes sont accessibles à un large public. - Takam Tikou
À PROPOS DES AUTEURS
Né à Paris, élève de l'École des Chartes, licencié ès-lettres et archiviste paléographe, disciple du célèbre islamologue Louis Massignon, Emile Dermenghem avait abordé l'Afrique du Nord en 1925, comme correspondant de guerre pendant la campagne du Rif. Séduit par le Maghreb, entré en relations avec deux jeunes Marocains, le Dr Faraj et Si Mohammed el Fasi, il perfectionna sa connaissance de la langue arabe et commença de s'intéresser aux écrits spirituels musulmans. Après avoir traduit, avec son ami El Fasi, des contes marocains, puis l'admirable poème spirituel de Ibn Fâridh, L'Éloge du vin, qu'il accompagna d'un remarquable essai sur la mystique musulmane, il publia une vie de Mahomet en 1945, enfin un recueil Les Plus Beaux Textes arabes. Le chapitre de la littérature arabe lui fut confié pour l'Encyclopédie de la littérature.
En 1989, Natacha de Molènes effectue une année préparatoire dans les ateliers privés Met de Penninghen et Jacques d'Andon (ESAG), à Paris. En 1992, elle suit une formation infographique (logiciels X-Press, Illustrator, Photoshop). En 1994, après avoir effectué des travaux de dessin architectural, elle rencontre Claude Touch, avec qui elle collabore pendant 3 ans. Sa palette de styles englobe tant l'illustration figurative ou documentaire (animaux, paysages étant ses sujets de prédilection, et parmi eux, le cheval en particulier qu'elle étudie depuis l'âge de six ans), comme par exemple les livres de la collection « A travers la fenêtre » des éditions Calligram, que des interprétations plus « graphiques » comme les contes orientaux publiés aux Éditions du Jasmin en noir et blanc et en ombres chinoises. En ce qui concerne la couleur, elle a un faible incontournable pour les personnages imaginaires, costumés le plus richement possible, le plus follement de préférence, avec une profusion parfois excessive de motifs de toute sortes. Travaillés à l'aquarelle ou à l'acrylique sur papiers colorés et filigranés, ils représentent ses rêves fous et l'abandon des limites qu'impose parfois le documentaire.
shield_question Frequently Asked Questions
person_edit À propos de des auteurs
Emile Dermengherm et Mohammed El Fasi forment un duo unique, alliant l’érudition d’un orientaliste français et la connaissance intime d’un intellectuel marocain. Leur collaboration, née au début du XXe siècle, a permis de sauvegarder des contes traditionnels de Fez, mêlant authenticité et accessibilité. Leurs récits, à la fois simples et profonds, offrent un miroir de la société marocaine de l’époque, tout en célébrant la richesse de la langue et des images. Leur style, marqué par une langue claire et des touches de vocabulaire arabe, séduit un large public.
Mohammed El Fasi
Mohammed El Fasi est un intellectuel marocain, originaire de Fez, qui a collaboré avec Emile Dermengherm pour recueillir et traduire des contes traditionnels de sa région. Leur partenariat a permis de faire connaître au public francophone des récits jusqu’alors transmis oralement. El Fasi, fin connaisseur de la culture locale, a joué un rôle clé dans la préservation de ce patrimoine littéraire. Leur travail commun reste une référence pour les amateurs de contes orientaux.